Allège-Toi #7 – Désencombrer visuellement et mentalement
Dernière semaine sur l’allègement… Car nous arrivons à Pâques à la fin de la semaine !
Je pense que je pourrais continuer encore longtemps… car il s’applique de façon transversale à tout ce que l’on vit ! Que ce soit matériel ou mental ou spirituel !
Avec le mot « allègement » j’ai eu aussi le mot « désencombrement » qui est revenu. Je me suis attardé sur les vêtements dans l’épisode #3… Et en même temps il y a tant de choses à désencombrer pour trouver un équilibre… Que ce soit au niveau matériel, qu’au niveau des injonctions qu’on reçoit / intègre ou qu’on s’impose.

Je te partage 2 exemples liés aux livres des 2 fondatrices du groupe Gestion budgétaire, entraide et minimalisme (groupe qui a été au point de départ de ma démarche écologique.)
L’encombrement lié à la cuisine
J’arrête le burn out en cuisine !
Dans leur nouveau livre, Marie Duboin et Herveline Giraudeau exposent tout ce qui encombre notre rapport à la cuisine jusqu’à aboutir pour certaines à un burn out : un stress lié à la question des repas !

Elles développement dans les 2/3 du livre le pourquoi de ce burn-out !
- entre constructions sociales
- injonctions des médias (souvent contradictoires)
- la charge mentale,
- la charge émotionnelle
- la charge morale
- et la charge féministe…
La coupe est pleine et déborde !! Sans compter sur la complexité de faire comprendre à ceux qui vivent avec nous le poids que cela représente… qui fait qu’on préfère faire les choses nous-mêmes / rapides / à notre façon / parfois par automatisme…
La partie communication avec son conjoint, en fonction de son implication est très détaillée et peut beaucoup aider à mettre des mots sur des choses inconscientes.
Concrètement !
La 3e partie traite plutôt des pistes organisationnelles. Et elles commencent celle-ci par le désencombrement !
« Pour avoir vécu les deux situations, une cuisine encombrée et une cuisine aérée, il n’y a pas photo ! On cuisine plus vite, plus simplement, plus efficacement et avec plus de plaisir dans une cuisine dégagée. Et oui, comme au taf, l’environnement de travail a un impact sur ton état intérieur, qui lui-même a un impact sur ta productivité. »
L’autre jour j’ai rangé ma cuisine (qui est loin de rester toujours nickel) : elle est symptomatique de ma propension à l’accumulation : les papiers, les bocaux lavés, les couvercles, le pain sec pour donner aux chevaux, le bac à compost, le bazar… Bref j’ai pleins de choses qui encombrent mon plan de travail visuellement…
Et qui déteint sur mon encombrement mental… et baisse de façon symptomatique ma joie / envie de cuisiner… [Effet cumulatif avec le SPM et/ou toutes les mauvaises nouvelles qu’on ne maitrise pas…]

Alors je m’efforce de ranger rapidement quand je ne me sers plus de quelque chose, ou de ne pas laisser s’accumuler la vaisselle… D’autant que je ne peux plus reporter la faute sur mon mari : il n’est pas là 5 jours / 7. (gloups)
Dans un autre de leurs livres (j’en parle juste en-dessous), elles expliquent que si un objet n’a pas de place attitrée (ou de place logique dans la maison) : « c’est qu’il n’a pas de place dans ma vie ».
Ainsi, au-delà de préparer mon déménagement, je m’efforce d’organiser l’espace pour que chaque chose ait une place et que le surplus parte ! (en dons principalement).
L’abus de consommation responsable rend heureux

Dans ce livre elles explicitent en 250 pages leur méthode BISOU !
Le S de Semblable
J’aime le ton direct, qui expose des choses sensibles avec des mots et images claires… Sans tabou, en expliquant le chemin parcouru personnellement ! Ce livre n’est pas une liste de « il faut que » ! Et ça fait du bien !!!
Les fausses bonnes raisons qui nous poussent à garder
Herveline précise :
« Parce que les excuses qui vont suivre, elles sont parfois justifiées, mais le plus souvent, elles ne sont que la manifestation d’un phénomène très humain : la résistance au changement. Notre accumulation quotidienne nous rassure, notre fonctionnement bien rodé ronronne, le changement peut être un peu inquiétant. »
- Au cas-où
- Parce que c’est un souvenir / parce que j’ai peur de regretter
- Parce que c’est un cadeau, j’ai peur de décevoir / de trahir
- Parce que ça ne prend pas de place au fond des placards et puis ça servira quand on aura une plus grande maison
Elle fait donc le parallèle avec les horcruxes.
(voir le Tome 7 de Harry Potter ou le film 7 et 8)

« Il est fréquent et normal au début d’avoir du mal à savoir si se séparer d’un objet est la bonne décision. Et pour cause : l’être humain a un rapport particulier avec la séparation depuis sa naissance. C’est une chose avec laquelle il doit composer toute sa vie et dans tous les domaines.
Parce que la charge émotionnelle qu’on met dans les relations, dans les projets et dans les objets, finalement c’est une part de soi-même. C’est le principe des horcruxes de Voldemort. Et oui il y a un peu de ça : plus on met une part de nous-même dans un objet, plus s’en séparer devient difficile. C’est comme si on laisser cette partie de nous partir. Je dis bien c’est « comme si ».
C’est pourquoi se séparer de nos objets nécessite un apprentissage : il ne s’agit pas d’opérer des séparations brutales qui généreraient un manque et un besoin de compensation, mais d’apprendre à retirer progressivement notre investissement de certains objets pour les laisser partir plus facilement.
Par ailleurs, la tendance humaine à l’accumulation reflète souvent notre difficulté à choisir. Eh oui : à cause de cette part de soi-même que l’on place dans les objets, les relations, les projets, devoir choisir revient à décider quelle part de soi-même on laisse partir. Encore et toujours le fonctionnement en horcruxe. »
Le livre développe encore cette idée sur plusieurs pages, aussi je t’invite à le lire si tu veux en savoir plus !
Distance émotionnelle et discernement entre tout et rien.
Cette notion d’horcruxe m’a beaucoup parlé : d’une car j’ai grandi avec Harry Potter (j’avais son âge quand j’ai commencé à le lire en 6e !) et que j’ai été une trèèèès grande accumulatrice !
Pour te donner un exemple, j’ai eu une très grande correspondance étant plus jeune : j’avais 5 ou 6 boites à chaussures remplies que je baladais de déménagement en déménagement. Quand j’ai découvert le minimalisme et le désencombrement (avec la méthode KonMari : ne garder que ce qui nous remplit de joie) j’étais hyper partagée.

C’était des petits bouts de vie qui étaient échangés dans ces courriers, et j’avais du mal à me résoudre de les jeter… Finalement mon mari (qui avait beaucoup plus de distance) m’a proposé d’en garder que quelques-unes parmi les plus importantes…
Désencombrer, c’est choisir de garder ce qui fait du sens, qui est porteur de joie et de vie, qui allège plutôt que ce qui alourdit.
Ce n’est pas du tout ou rien !! C’est un discernement !
J’ai fait de même avec mes albums photos (car j’en avais… 1 à 2 par an à partir de mes 15-16 ans !) Au final j’en ai renvoyé en mode « souvenirs à partager » et gardé celles qui m’étaient le plus chères.
J’ai fait une grosse opération de désencombrement en 2016-2017. On avait vidé une grande partie de DVD, de livres, de jeux vidéos, jeux de société, jouets d’enfants… Ceux avec qui la distance émotionnelle était nulle ou presque.
Bon quelques 5 ans plus tard, et un déménagement à venir, un gros travail est à nouveau devant moi pour ne garder que l’essentiel… !
Côté spi
Un passage de la Bible qui revient souvent dans ma vie ces derniers temps, c’est le passage du « jeune homme riche ».

« Il [Jésus] se mettait en route, – raconte l’Evangile de saint Marc – quand un homme accourut et, s’agenouillant devant lui, il l’interrogeait : “ Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ”. Jésus lui dit : “ Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne tue pas, Ne commets pas d’adultère, Ne vole pas, Ne porte pas de faux témoignage, Ne fais pas de tort, Honore ton père et ta mère ”. “ Maître, lui dit-il, tout cela je l’ai observé dès ma jeunesse ”. Alors Jésus fixa sur lui son regard et l’aima. Et il lui dit : “ Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi ”. Mais lui, à ces mots, s’assombrit et il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens » (Mc 10, 17-22).
Ce passage résonne car je suis souvent accaparée par 1001 choses et je ne prends pas aussi régulièrement que je le souhaiterais des temps de prière, de méditation ou autre… Ce texte m’interroge sur ma disponibilité liée à tout ce qui m’entoure…
Cela me questionne sur mon rapport à la possession, aux objets, à mes priorités, à mon confort…
Je ne pense pas que Jésus nous veut pauvre et sans rien… Il nous questionne sur notre liberté…
Est ce qu’au fond nous sommes libres de le suivre, de sentir là où il nous appelle ? Ou bien nos « richesses » (matérielles, occupationnelles, etc) nous empêchent de le suivre… [// de s’interroger sur le sens profond de sa vie et comment y répondre, quand on n’est pas croyant.]
Conclusion !
Avec ces réflexions mêlant questionnements matériels et spirituels, j’espère t’avoir fait réfléchir sur comment alléger ton quotidien de façon matérielle et en conscience… pour comprendre comment nos actions sont souvent le fruit d’injonctions, de stress, d’automatismes…
Le chemin de l’écologie a été un chemin intérieur et continue de l’être pour moi… « Tout est lié ! »