Sourire

Je lis beaucoup, de la fantasy, des romans, des essais… et j’ai également une grande tendresse pour la catégorie que j’appelle « récit de vie »…

Je rentre dans cette catégorie les livres d’Anne-Dauphine Julliand :

  • Deux petits pas sur sable mouillé
  • Une journée particulière
  • Consolation…

Poignants, à lire avec une boite de mouchoirs… Et en même temps tellement révélateurs d’humanité, de simplicité et d’audace…

J’ai été marquée par un passage du dernier livre d’Anne-Dauphine Julliand “Ajouter de la vie aux jours”, que j’ai lu mi octobre. C’est tout au début du livre, quand elle nous raconte comment elle traverse les heures et les jours qui suivent l’annonce de la mort et l’enterrement de son 3e enfant sur 4.

Extrait sur la puissance du sourire

“Je suis tassée dans un fauteuil dont le velours usé raconte les lustres passés. Je suis présente en apparence seulement. Je suis partie loin, je n’entends rien de ce qui se dit et ne comprend rien à ce qui se vit.

Je sens un regard me fixer. Une intensité qui transperce l’assemblée. Elle est là dans un coin avec les cousins. […] Elle attend et tout à coup elle sourit. Un large sourire qui mange son visage et découvre des dents légèrement de travers. […] Ses lèvres crispées sourient, son nez aussi dans un froncement qui resserre ses tâches de rousseur. Mais ses yeux restent sérieux. Ils interrogent. Questions muettes dont je perçois la teneur.

Alors, je souris à mon tour. Un sourire sans éclat. Triste sans doute. Un sourire dans un soupir. Pour répondre au sien.

Comme si c’était l’autorisation qu’elle attendait, elle vient s’assoir sur mes genoux, la place réservée à l’enfance. “J’ai cru que tu ne sourirais plus jamais”.

[…]

Qu’y a-t-il de pire pour un enfant qu’une éternité sans joie ? Sans l’éclat d’un rire qui succède aux larmes ?

Elle a raison. Moi aussi j’ai craint sans le dire une vie privée de bonheur. Mais elle est venue me provoquer, me faire réagir. Avec un sourire. Me ramener à la vie.

Je cueille son sourire et j’accueille le mien. Pour ce qu’il est. Un sourire. Juste un sourire. La possibilité du bonheur. Tout petit, minuscule. Mais entier. Donc immense. Invincible.”

Pourquoi ce partage ?

J’ai conscience que ce passage est chargé émotionnellement… J’en suis la première touchée. Et en même temps, la période de Noël n’est pas forcément joyeuse pour tout le monde, notamment quand on a perdu des proches.

Alors je t’invite à sourire, qu’il soit timide ou immense, crispé ou “à pleines dents”. Il parait que le cerveau ne sait pas si on sourit parce qu’on est heureux ou si on est heureux donc on sourit.

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