Printemps Rayonnant – Episode #7
Episode #7 – Retrouver du temps
Entreprendre de répondre à ses besoins, faire des changements, rayonner… On peut avoir l’impression que c’est facile sur le papier et bien plus compliqué dans la réalité… Parfois c’est tellement plus « confortable » de me plaindre plutôt que de prendre le miroir et de regarder ce qui ne va pas pour que je râle autant !
Ecouter ses émotions, c’est entendre « l’alerte immédiate de quelque chose qui ne va pas » selon Maud Ankaoua.
Bien souvent, c’est qu’il y a un déséquilibre dans la matrice…
Sortir du triangle de Karpman
Une première clé c’est de sortir du statut de victime qui nous enferme dans un schéma enfantin où on attend des autres qu’ils trouvent et mettent en œuvre des solutions à notre place. On attend notre sauveur. Et quand cela ne va pas comme on voudrait ils deviennent nos bourreaux. Ainsi tour à tour nous nous enfermons dans ce triangle de Karpman.

Prendre la responsabilité de notre bonheur, de notre vie passe par devenir pleinement adulte responsable.
Avoir des appuis
Une psychologue m’a donné l’image d’un tabouret à 4 pieds il y a quelques mois. Les pieds du tabouret sont les actions importantes pour répondre à nos besoins de façon personnelle. Moins on prend le temps de répondre à nos besoins prioritaires, et moins le pied est bien vissé sur le tabouret. Ainsi il commence à tanguer petit à petit.
Tout l’enjeu est de rectifier le tir avant qu’un des pieds du tabouret ne lâche. Car sur 3 pieds, ça tient tant bien que mal… Mais si un 2e pied vient à lâcher, c’est le déséquilibre ++.

Alors je t’invite à identifier les pieds de ton tabouret.
–> Qu’est ce qui te permet d’être en équilibre dans ta vie, et de te donner dans ta famille, dans ton travail, dans des associations, là où tu es plantée ?
Car on est bien d’accord que je ne te parle pas de rayonner pour toi et ton petit nombril mais bel et bien pour que tu te sentes pleinement à ta place dans ta vie et que tu influes sur le monde autour de toi ! Et j’imagine que ce n’est pas un long fleuve tranquille !!!
Les pieds de mon tabouret
Personnellement pour cette saison de ma vie, j’ai identifié :
- Ma prière personnelle
- Réduire mon temps d’écran (au moins le matin !!!) à je suis en chemin
- La créativité (que ce soit en cuisine, au jardin, en broderie, en aquarelle, en dessin… ça passe par mes mains !)
- Observer la nature, ses couleurs, ses couchers de soleil, les chevreuils dans le champ… Si possible en marchant seule.
Et cela va de paire avec une hygiène de vie la plus vertueuse possible. Car comment me lever si je me couche bien trop tard ?
Victoria Guillomon reprend Christophe André dans son livre « Tu penses quoi de la vie, mamie ? » Voici ses propos :
« Il y a des façons d’être plus serein qui relèvent de l’hygiène de vie : la sérénité commence dans le corps. Si je bois trop d’alcool, que je fume, que je ne dors pas assez, que je ne suis pas au contact de la nature, j’aurai du mal à avoir un certain équilibre. Une vie humaine où on ne s’impose rien, on ne se fixe aucune contrainte, sur laquelle on n’exerce aucun contrôle, c’est une vie qui nous expose à être ballotté par les gens, par les événements, par les circonstances, par les émotions. Pourquoi pas, mais on sera moins acteur, plus suiveur. »
Ainsi se donner un cadre clair, précis, orienté vers un but comme on en parle depuis le 1er épisode, c’est ce qui nous permet d’être acteur de notre vie ! Car on sait POURQUOI on le fait !
Oui mais… c’est bien quand tout va bien, mais quand on traverse des difficultés on fait comment ?
Julia Freund dit dans l’article « la vie est mouvement » du FLOW de septembre 2022, « Quand nous avons beaucoup de nouveautés, de stress et d’informations à gérer, nous avons tendance à laisser tomber ce qui nous recharge en énergie. Il faut donc bien veiller à conserver ces choses qui nous nourrissent. »
C’est ce que Christine Lewicki appelle « prendre soin de sa source » ! Même s’il y a toujours quelque chose qui semblera plus important, plus urgent ou prioritaire… Prendre soin de soi ne demande pas d’avoir de longues heures devant soi…
Voici mon occupation du moment !

Et il y a des moyens de (re)trouver du temps !!
Et en premier lieu pour cet épisode 7, je te propose un zoom sur les écrans et en particulier le smartphone.
Avec comme compagne musicale France Gall et son titre « Débranche ! »
Arrêter de vouloir combler le vide sur son téléphone dès qu’on a 5 minutes devant soi !
Je sais combien c’est difficile… je suis moi-même en chemin !!!
Je reprends avec Christophe André au micro de Victoria Guillomon dans le podcast Nouvel Œil : « On apprend à être soi en se mettant en retrait de l’action, du loisir, du lien social et en étant dans une simple présence. C’est plus compliqué aujourd’hui depuis l’apparition des écrans, parce que ce qui remplace les temps de vie intérieure, ce sont les temps d’écran. »
Cette addiction aux écrans est revenue tellement de fois dans les échanges que j’ai avec ma communauté. C’est une vraie question que d’arriver à s’en libérer !

Quand l’ennui ou les temps morts deviennent trop inconfortable

Fabien Olicard dans son livre “Votre attention est votre super pouvoir” explique que cette addiction génère du manque. L’ennui devient une souffrance et le cerveau cherche ce qui pourra nous donner « notre dose » le plus rapidement possible.
Or, la technologie a organisé un commerce basé sur notre attention en portant atteinte à notre système cognitif un peu plus chaque jour. Nous sommes victimes d’un système bien huilé. Et ce commerce abime notre capacité à nous concentrer.
Les ressources pour en sortir sont « coûteuses » sur le plan cognitif car nous cherchons à ne pas fournir d’effort… Ainsi un business de la facilité s’est créé..
Nous sommes de plus en plus impatients, et la lenteur est plus qu’inconfortable.
Propositions pour réduire notre temps d’écran
Voici un panel de solutions plus ou moins radicales, glanées ça et là, certaines testées, d’autres non pour être moins sur nos smartphones :
- Supprimer / désinstaller les applications au risque de louper quelques infos (et s’aider à sortir du FOMO : la peur de louper quelque chose). J’ai testé plusieurs jours et c’est dingue comme j’y vais de façon machinale plusieurs dizaines de fois par jour. Puis au bout d’un moment, lâchant mon téléphone, j’y pense moins.
- Partir de la maison en oubliant le téléphone consciemment... Et réussir à ne pas stresser (ça commence à venir… Même si généralement c’est un oubli involontaire ^^’)
- Passer en mode avion une partie de la journée pour être moins déconcentrée et donc plus efficace.
- Réduire le nombre de comptes que l’on suit sur les réseaux sociaux pour “rapidement” consulter les actualités du “feed”.
- Enfermer son téléphone dans une boite à cadenas à partir d’une certaine heure
- Choisir les moments où le téléphone est interdit sous peine que les autres personnes qui vivent avec nous nous donnent un gage (rigolo !)
- Mettre un chrono dans les paramètres sur certaines applications pour qu’elles se coupent automatiquement quand le temps est écoulé.
- Télécharger une application qui surveille la fréquence et la durée de nos consultations d’écran comme Moment. Personnellement dans mon téléphone j’ai un recap chaque semaine qui me dit le temps moyen passé et sur quelles applications… Le résultat peut faire peur.
Souvent nous allons sur nos chers téléphones pour échapper à l’ennui car vivant dans un monde toujours plus stimulant, le « rien » devient trop inconfortable. Et le pire c’est que parfois on le fait même quand on est avec d’autres personnes…

Choisir le minimalisme digital
ou dit autrement par France Gall : Débranche !
C’est ce que propose Cal Newport dans « Réussir sa vie grâce au minimalisme digital.«
Il cite l’exemple de Tyler : “Il a renoncé à tous les médias sociaux et s’est tourné vers des moyens plus directs et plus efficaces pour favoriser sa carrière, garder le contact et se divertir.”
Personnellement en parallèle de mon choix de me lever le matin, j’ai choisi aussi de ne plus allumer la télé en systématique le soir… Car nous étions devenu un peu trop addict à des séries… Un, deux, 3 épisodes plus tard : nous nous couchions systématiquement vers 23h30- minuit… ce qui avait des conséquences le lendemain matin au moment du réveil !
Je suis impressionnée de voir le temps que j’ai retrouvé par ce choix. (Bien sûr l’idée étant de le mettre à profit pour des choses qui me nourrissent plutôt que de passer mon temps sur mon téléphone !)
C’est ce que chantait déjà France Gall en 1984… A l’époque les ordinateurs comme les téléphones étaient filaires… D’où le débranche !
Néanmoins, je trouve la chanson encore tellement actuelle !!
Le monde tient à un fil
Moi je tiens à mon rêve
Rester maître du temps et des ordinateurs
Retrouvons-nous d’un coup au temps d’Adam et Eve
Coupe les machines à rêves
[…]
Débranche, débranche
Coupe la lumière et coupe le son
Débranche, débranche tout
Débranche, débranche, débranche tout
Revenons à nous
Redevenir maitre de son temps
C’est ce qu’observe Tyler dans l’exemple du livre cité précédemment.
“Clairement il était très heureux d’avoir changé de vie. Il a entrepris de faire du bénévolat dans son quartier, il pratique un sport régulièrement, il lit 3 à 4 livres par mois, il apprend à jouer du ukulélé et […] depuis qu’il n’a plus un téléphone à la main, il est plus proche que jamais de sa femme et de ses enfants.”
L’auteur continue plus loin : “davantage qu’une modification de ses habitudes numériques, sa décision a été un geste symbolique : il a renforcé son adhésion à une philosophie minimaliste consistant à procéder à rebours à partir de ses valeurs les plus profondes pour choisir comment vivre sa vie.”
Les exemples cités sont nombreux, avec un degré de minimalisme plus ou moins extrême.
Ainsi il s’agit de “protéger sa manière d’utiliser son temps”. D’autant que des études montrent clairement le lien entre sur-utilisation du smartphone et anxiété. Cela étant d’autant plus important pour les générations qui ont grandi avec l’usage du smartphone dès l’adolescence.

Reprendre le contrôle sur notre « disponibilité »
Cal Newport explique : un des grands fléau lié aux écrans est la perte de la solitude alias le temps passé seul avec ses pensées. Je le cite : “Nous avons besoin de solitude pour prospérer en tant qu’être humain, or depuis quelques années, sans même nous en apercevoir, nos réduisons systématiquement sa place dans notre vie.”
De même, Cal Newport nous invite à ne pas être tout le temps joignable, mais à déterminer des plages horaires où on se rend disponible. C’est en partie ce que je fais quand je mets mon téléphone en mode avion pour me concentrer sur mon travail : je compte sur mon répondeur en cas de besoin de me contacter important. Et je choisirai le bon moment pour moi pour recontacter la personne. Ainsi je peux grouper mes appels et être moins distraites à des moments non choisis.
Il y aurait beaucoup à dire sur les stratégies recherchées par les concepteurs des réseaux sociaux pour nous rendre toujours plus addicts à leur plate-forme… Mais il me semble que chercher des solutions concrètes et expérimenter est tout aussi important !
Alors pioche ce qui te semble le plus expérimentable et écris un engagement que tu prends pour réduire ne serait-ce qu’un peu ta consommation d’écran.
Belle journée
Angèle

