Printemps Rayonnant – Episode #8
Retrouver du temps – partie 2
Après une première partie assez longue sur le minimalisme digital et le lien aux écrans pour reprendre le pouvoir sur son temps, je te partage dans cette partie d’autres clés qui m’ont aidées ces dernières années :
- pour sortir du statut de victime
- pour reprendre du pouvoir sur ma vie malgré de nombreux aléas de santé
- et ainsi gagner du temps (ou arrêter d’en perdre !)

#1 Cesser de résister à la notion de « souffrance », d’adversité.
Arrêter de chercher des coupables, consentir au réel, accepter qu’il y a des hauts et des bas et que sans bas on ne prend pas conscience de la chance de vivre…
Christophe André a des mots plus jolis pour parler de cela :
« Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est le jour où j’ai accepté que l’adversité est le loyer de la vie. Les ennuis, les pépins, les échecs, les chagrins, c’est au programme. On perd beaucoup d’énergie à anticiper les ennuis. Il faudrait adopter une attitude essentielle qui consiste à se dire : « il y en aura. » Et quand c’est arrivé, se dire : « Ok je fais quoi avec ça ? Quelles leçons, quels enseignements ? »
On n’a pas d’autres choix que d’accepter le réel. L’accepter, ça fait baisser d’un cran nos angoisses.
Voilà en image un imprévu qui dure (même s’il est fluctuant selon les jours et les moments dans la journée…)

Hélène Bonhomme, fondatrice des Fabuleuses au foyer a écrit un article dessus également début 2026 : elle faisait le constat qu’on nous vend un monde tout lisse, tout beau et que face aux difficultés de la vie nous sommes d’autant plus en souffrance. Car notre époque « est moins préparée à souffrir. » Elle disait : « Je trouve cette idée profondément libératrice. Non, elle ne console pas magiquement une mère qui veille un enfant malade, une femme qui enterre un proche, une épouse blessée, une amie trahie, une maman lessivée par la vie ordinaire… mais elle nous rappelle que si c’est dur, c’est peut-être simplement parce que nous sommes en vie. »
Ce qui rejoint le propos de Christophe André. Cessons de résister au réel de nos vies, de résister à tous les imprévus, car il y en aura, et que c’est le lot de chaque vie humaine !

#2 Dépasser le regard des autres
Je pense pouvoir dire que j’ai avancé sur ce sujet (d’autant plus avec le fauteuil qui m’accompagne régulièrement). ^^ Car je partais de loin côté estime de moi à l’adolescence, paralysée par ce que les autres pouvaient penser de moi… Pensées attribuées à d’autres alors que c’étaient avant tout mes propres peurs qui parlaient.
Raphaël de Casabianca dans l’épisode 84 de Nouvel Œil dit :
« On ne se lève pas à 20 ans en se disant : « J’ai confiance en moi. » C’est un tas de paramètres. L’audace compte beaucoup, il ne faut jamais avoir peur. C’est fou comme on peut avoir pleins de freins, inconscients ou conscients. Mais en les dépassant, en n’ayant pas peur du regard des autres, les choses s’ouvrent. »
Nous ne saurons jamais ce que pensent vraiment les autres d’une part… Et d’autre part leurs retours seront toujours le reflet de leur propre vie : leurs peurs, leurs incertitudes, leur besoin de sécurité qui parlera quand on reçoit des conseils… (Il y a une expression très juste à ce propos : L’avis des autres n’est que la vie des autres.)
Devenir capitaine de son âme !

C’est une des prises de conscience de Pauline Wald qui m’a interpellée dans Marcher vers son essentiel. Elle écrit :
« Sur le chemin de la vie, j’ai longtemps cherché à me rassurer en suivant une voie très balisée. J’ai docilement écouté ce qu’on me disait de faire à chaque étape… J’ai cru que d’autres personnes savaient mieux que moi ce que je devais faire de ma vie. J’ai suivi l’autoroute (prépa, école de commerce, CDI dans la finance, etc.) celle qui va vite, alors qu’au fond je rêvais de tracer mon propre chemin à mon propre rythme.
Puis je me suis rendu compte qu’aucune de ces personnes ne savait mieux que moi ce qui était bon pour moi. Elles avaient des idées fondées sur leur vision de la réalité, sur leurs peurs, et leurs expériences passées. Elles étaient comme moi des élèves de la vie, à essayer, à tomber, à se tromper, et à se relever. Comprendre cela a été un énorme soulagement.
Car si personne ne sait vraiment, si personne n’a de réponse universelle, alors je peux être le capitaine de mon propre navire. Alors je peux expérimenter la vie comme je le sens.
Alors moi seule jugerai si j’ai pris les bonnes décisions ou si je me suis trompée.
Suivre son propre chemin, marcher hors des sentiers battus, questionner à chaque carrefour ce qui vibre en nous plutôt que de suivre docilement des balises déjà placées par d’autres est plus difficile. Il s’agit de réussir à se brancher sur son propre GPS, son autorité intérieure plutôt qu’une autorité extérieure. Il s’agit de se relier avec le moindre fragment de vie et de lui faire confiance, lui donner priorité sur le reste. Même si on avance avec un mètre de visibilité, il s’agit de continuer à suivre la petite lumière. »

#3 Sortir de la culpabilité en acceptant de ne pas être indispensable
On en parlait lorsque j’ai abordé la question de se donner la permission de passer en premier ! Souvent ce que l’on me renvoie c’est que prendre du temps pour soi, pour ralentir, pour l’intériorité, c’est difficile de :
- « Le faire sans s’auto-culpabiliser » car il y a toujours autre chose d’important à faire
- ou quand on le fait, d’être respectée et de ne pas être interrompu et du coup entrer dans une frustration de ne pas pouvoir aller au bout de sa démarche.
Pour les femmes, et pour les mamans notamment, surtout celles qui travaillent à temps pleins et ont leurs enfants le reste du temps… Réussir à grapiller des moments rien que pour soi, cela demande d’être intentionnelle, de choisir le moment le plus opportun, de renoncer à d’autres distractions (la série le soir)… Et surtout de prévenir : j’ai besoin de 15 minutes pour moi, merci de ne pas me déranger et de s’adresser à X.
Vraiment quand j’ai accepté que je n’étais pas indispensable ça a tout changé dans mon rapport au fait de prendre du temps pour moi… Car si je ne suis pas disponible, d’autres peuvent prendre le relais, ou l’enfant (dans l’exemple auquel je pense) peut chercher une réponse / une occupation lui-même…
J’ai le droit !
Répète après moi : J’ai le droit d’avoir des moments de respiration pour moi toute seule !!
(Tu peux l’écrire aussi si tu veux !!)

#4 Revenir au corps
D’ailleurs si on appelle cela comme ça, c’est que tu peux commencer par faire de vrais exercices de respiration… Personnellement le faire m’aide à couper mes pensées tout zazimut car je dis consciemment dans ma tête, « j’inspire… je compte 1, 2, 3, 4, 5, j’expire… »
Tu n’es pas obligée de faire quelque chose de « sportif » pour revenir au corps… Après rien ne t’en empêche non plus 😉 Les effets sur le bien-être mental ne sont plus à démontrer !
Pour cela tu peux aussi mettre de la musique et bouger, danser… (J’aime particulièrement remettre des CD de mon adolescence (PS : ça marche aussi pour se motiver à faire le ménage)

Bref, les seules limites sont celles de ton imagination !!!
Enfin il me semble qu’une autre clé c’est d’arriver à sortir du tourbillon qui nous fait faire tout en même temps (et un peu exploser…) notamment le soir.
#5 Ne faire qu’une seule tâche à la fois
Faire les choses une par une c’est peut-être contre-intuitif surtout pour nous les femmes qui nous disons facilement multitâche…
Je vais à nouveau citer Fabien Olicard dans son livre “Votre attention est votre super pouvoir.”
Il dit : “C’est une illusion d’avancer plus vite quand on fait plein de chose en même temps car changer de tâche pour le cerveau est plus énergivore que de faire les choses une par une.” Et en même temps, notre cerveau prend plaisir à s’éparpiller plutôt que de faire l’effort de rester sur une seule tâche.
Néanmoins il ne sera plus performant que concentré sur une seule chose à la fois.
De plus il parle aussi de s’octroyer de vraies pauses pour se reposer mentalement : « celle où on ne sollicite pas notre cerveau en le stressant sur candy crush ou en le bombardant d’informations sur tik tok. »
Pour cela il invite à ne rien faire : par exemple :
- 120 secondes de rien
- Marcher 10 minutes
- Regarder par la fenêtre 5 minutes.
- Ecouter les besoins primaires de notre corps !! (boire, manger, dormir, aller aux toilettes).

#6 Décharger ses pensées dans un carnet

Je parlais également de retrouver du temps seule, notamment suite à la lecture de Cal Newport sur le minimalisme digital. Dans les clés qu’il propose il y a celle d’avoir un carnet dans lequel écrire ses pensées, ses idées…
« Mes calepins Moleskine ne sont pas exactement des journaux intimes car je ne les rédige pas de façon régulière. […] Ces calepins jouent un rôle différent : ils me servent à écrire des lettres à moi-même quand je me trouve face à une décision compliquée, à une émotion puissante ou à un surcroît d’inspiration. Le temps d’articuler mes pensées dans la forme structurée d’une prose écrite, je parviens souvent à les clarifier. […] Les bienfaits résident surtout dans l’acte d’écrire lui-même. »
C’est la façon dont j’utilise mon carnet qui fait office de journal personnellement : quand j’en ressens un besoin plus que tous les jours.

J’ai d’autres carnets au quotidien :
- un pour le lettering biblique où j’écris les paroles bibliques qui me parlent
- mon agenda
- et depuis peu le carnet de vol des fabuleuses qui comportent un tracker de suivi des bonnes habitudes, un moment pour relire ma journée (to do list inversée) et écrire mes gratitudes quotidiennes.
Il complète plus loin : « Ce comportement [à savoir écrire dans un carnet] vous jette nécessairement dans un état de solitude productive – en vous arrachant aux babioles numériques et aux contenus addictifs qui ne demandent qu’à vous distraire, en vous donnant un moyen structuré pour éclairer ce qui peut se passer d’important dans votre existence à ce moment. »
Ainsi écrire permet de gagner du temps : celui qu’on perd à ressasser nos pensées…
#8 “Récupérer des loisirs”
Un dernier élément est de retrouver le goûts des loisirs qui prennent une place plus enviable que nos smartphones !
Mais pas n’importe lesquels ! Cal Newport fait un détour par Aristote et l’éthique à Nicomaque pour choisir “d’opter pour des entreprises qui vous procurent « une source de joie intérieure”. Il explique ensuite : « Je désigne ces sources de joie comme des loisirs de haute qualité » en opposition aux diversions numériques de basse qualité qui agissent comme des anesthésiants contre les questionnements existentiels … par essence inconfortables.
Diversions qui nous font perdre la notion du temps sans avoir de résultat à la fin.
Ainsi il invite à privilégier des activités exigeantes plutôt qu’une consommation passive. Il met en avant entre autre l’artisanat qui désigne « toute activité dans laquelle vous utilisez une compétence pour créer quelque chose ayant une valeur. Transformer un tas de bois en une jolie table est un geste d’artisan tout comme tricoter un chandail à partir d’une pelote de laine ou rénover une salle de bains sans recourir à des professionnels. L’artisanat ne réclame pas forcément la création d’objet nouveau, il peut s’agir également de comportement de haute valeur. Tirer d’une guitare un morceau de musique agréable ou remporter un match de basket en font aussi partie.”
Il conclue cette partie de son livre sur cette citation : « Laissez une bonne trace de vous-même. »

Ainsi je pense que la boucle est bouclée !
Pioche ce qui résonne et laisse le reste. Peut-être y reviendras-tu plus tard…
En tout cas bravo d’avoir écouté ou lu jusqu’au bout. J’ai conscience que c’était sans doute parfois assez dense (d’où le podcast qui ajoute de la légèreté…)
Encore quelques activités à découvrir… et nous clôturerons cette box virtuelle !
Belle journée
Angèle
